Douce campagne – 3ème partie – Oclide

[…] Prenant mon courage à deux mains, je me laisse entraver les poignets en haut de la poutre de la terrasse. Du cellophane entoure le haut de ma poitrine jusqu’aux genoux, protecteur. Procédons par palier car mon pouls s’affole déjà. Il manie avec précaution ces fils rigides partant des épaules jusqu’aux mollets.

– Ne bouge surtout pas, me chuchote t il. Je n’en n’avais aucunement l’intention.

Malgré la couche du film transparent, les pointes d’acier pénètrent mes tissus musculaires. Un tressaillement signifie une perçée de l’ennemi dans mon territoire de chair. Cet assaut barbare crispe les membres qui déclenchent des tics nerveux. Mauvaise idée dans cet enchevêtrement de ferraille. L’ennemi gagne quelques batailles en faisant poindre des gouttelettes de sang.

Dérisoires défenses face à ces lignes hérissées… Je tremble malgré moi. Nouvelle attaque qui me transperce et enclenche les signaux de détresse.

La trêve est annoncée, nous resterons sur une petite escarmouche. Victorieux, les soldats se retirent par étape, le terrain est conquis. Non sans crainte, je scrute les dégâts qu’ils ont laissés sur leur passage. Des petites rigoles de sang se dessinent sous le plastique…

Le Maître me détache et j’entends dans mon brouillard interne :

– Je suis fier de toi ma soumise, la prochaine fois on essaiera sans cellophane.

Il referme son carton de barbelés.




Le week-end s’écoule dans les cris, rythmé par le protocole jusqu’au lundi où va se dérouler le dernier temps fort. Nous avons invité Maîtresse Pandora et son soumis, Nicolas.

Ils nous rejoignent vers 14h tandis que je les accueille vêtue d’une tunique blanche, chaîne partant du collier jusqu’à ma cheville. Nicolas se met à nu, encagoulé et encagé, le ton est donné.

L’atmosphère devient électrique dès leurs arrivées, l’après midi sera sulfureuse. Nicolas prend rapidement sa place aux pieds de sa Maîtresse, sur la terrasse tandis que je sers le café.

Les dominants, ravis, commentent la scène depuis leur canapé. Il faut préciser que j’étrenne, nue, une dernière innovation. Un fantasme forniphile que je lui avait commandé…

Une planche en bois brut, à laquelle il a fixé une ceinture qu’il me noue derrière le dos et sur l’autre extrémité, deux anneaux. Ceux-ci peuvent être reliés avec deux chaînes à mon collier. Nul besoin de mains pour manier cet ustensile. Ainsi ridiculisée, il dispose les deux tasses de café, entourés de mes deux seins reposant sur le plateau. En soubrette objet, les mains réunies en arrière, je bombe le torse pour leur offrir ce breuvage accompagné de ma poitrine. Debout, exposée, je m’efforce de répondre à leurs désirs.

– Elle est magnifique ta soumise, à disposition complimente Pandora.

– Je suis flatté, remercie mon Maître.

Pandora ambitionne également une nouvelle mise en scène pour Nicolas. Mené en laisse, à quatre pattes jusqu’au gazon, elle l’invective :

– Viens, tu vas me faire plaisir de pisser comme un chien devant tout le monde.

– Ne lui fait pas honte, menace mon Maître.

– Oui, je veux être fière de toi, renchérit Pandora. Prends ton temps.

D’abord en hésitant, il soulève sa jambe droite. Le silence, le piaillement des oiseaux, elle se penche, guettant son lâcher prise. Soudain, un spasme suivi d’un mince filet d’urine s’écoule sur le gazon.

– Bravo, mon chien, s’exclame sa Maîtresse, réjouit.

Mais, déjà 15h, l’heure du protocole s’est décalée en l’honneur de nos invités. Mon Maître avait déjà apprêté la deuxième paire de menottes sur la poutre. Nous sommes placés, face à face attendant le début de la punition.

Un fouet court pour Pandora et la canne pour mon Maître.

Nous encaissons en silence pendant quelques secondes puis notre souffle se fait entendre. Sous les quolibets et autres crachats de nos dominants, nos corps se rapprochent, nous rassurant de notre contact mutuel.

C’est une première pour moi d’être accompagné par un sujet masculin. Et comme une sorte de refuge, je me rapproche de cette chaleur, comprenant mieux que personne la signification de ces soupirs hachés.

Les Maîtres s’activent à lacérer, rougir ou griffer l’ensemble de notre peau et de nos attributs seins, lèvres, queue ou testicules au choix. Ferme séquence.

Un temps de pause pris dans la cage tandis que Nicolas poursuit sa torture. Adossé contre la grille, ses poignets sont liés en croix, les jambes écartées.

– Tu aimes, mon soumis ?

– Oui, Maîtresse. Je vous remercie, répond-il, exalté.

Elle triture, malaxe et écrase ses bourses sans relâche. Nicolas, sursaute, râle, sous la douleur, chahutant ma geôle avec fureur. Après avoir repris mon souffle de la séance précédente, je m’appuie contre les barreaux pour tenter de le caresser. Je cherche à l’apaiser, serrant ses doigts crispés par l’adrénaline en harmonie de souffle.

Le soutien des suppliciés, si précieux, comble toujours autant les Maîtres.

– J’ai l’impression qu’il se sent bien dans les mains de ma soumise.

Les yeux bandés empêchent Nicolas d’anticiper la surprise que lui concocte mon Maître. La cage bondit, sauvage, sous la pluie de cire. Transformé en dalmatien violet et rouge, haletant en moins de dix minutes. Essoufflé, il s’écroule dans la cage tandis que je vais vivre une tourmente identique, les barreaux convulsent à nouveau.

Cette fois-ci, la pause en est une. Nous avons refait surface et chacun de nous débriefe, partage, s’émeut des émotions vécues sur notre passion. Champagne, fruits frais, les rires fusent et les yeux scintillent, cette complicité vibre entre nous.[…]

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2 thoughts on “Douce campagne – 3ème partie – Oclide

  1. Bonjour

    Excellent récit.
    Très surprenant le coup du fil barbelé.
    Pour la scène de la cage, il manque une petite photo pour la cire chaude et les soumis en cage.
    D’autre part, je me permets de vous indiquer ce qui semble être une erreur à mon sens.
    « L’atmosphère devient électrique dès leurs arrivées, » Ils sont arrivés ensemble c’est une arrivée commune donc singulier même si elle est singulière également 😉
    Au plaisir de vous lire

    L.

    1. Bonjour,
      Merci pour votre message, une expérience très intense ce fil barbelé. Et, effectivement, j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire cette séquence unique.

      Merci également pour votre commentaire car vous avez raison, l’arrivée est commune :-).
      A bientôt
      Oclide

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