Un samedi soir…BDSM

Cette journée est étrange, je suis agitée au fond de moi intriguée par ce soir limite angoissée par les préparatifs que Maître M organise. Je vis cette attente avec une douce anxiété tant dans mon esprit que dans mon ventre. Elle file cette journée, ça y est, nous avons couché les enfants. Quelques verres de vin, la soirée commence. Nous fumons une cigarette sur la terrasse, moment de liberté. Puis, c’est le moment clef, le moment qui va décider du ton de la soirée. Vers quel domaine partons-nous ? Ce soir, nous allons basculer vers le côté obscur, l’envie est palpable. Je l’entends monter dans notre chambre, emprunter l’escalier en colimaçon en fer, grinçant qui mènent aux accessoires dédiés à cette délicieuse torture. Je sais ce qu’il est parti chercher.

Dans le salon, impatiente, j’ai démarré une série –Dernier épisode de « Orange is the new black », enfin il revient, je suis impatiente. Le collier en cuir de soumise, est attaché, autour du cou, ces accessoires dénotent avec le reste de mes vêtements . Il m’ordonne de m’asseoir par terre, docile, mon esprit bascule. Juchée sur les coussins, mes habits tombent un à un, les codes se mettent en place. Je connais ma place et lui impose la sienne. Nous ne parlons pas ou très peu avec un timbre de voix qui se modifie plus grave pour lui et très faible pour moi. Nous pratiquons ce jeu depuis longtemps de ce fait, la connexion s’établit rapidement. Je sens la laisse de corde qui me relie, désormais, au pied de la table basse. Les pinces sont installées, sans ménagement sur mes grandes lèvres. Nous regardons ensemble un épisode de la série. J’apprécie ces moments décalés. Mon cerveau est partagé, je ressens l’excitation qui grimpe grâce à mon corps qui commence à s’exprimer, je frissonne, je sens l’odeur de la cyprine qui se diffuse. Tout en suivant l’histoire, je me sens chienne aux pieds de mon Maitre. Quelques fois, ses doigts s’égarent et me flattent les lèvres en provoquant des pics d’excitation. Toute ma peau frissonne. Ce qui est étonnant et surtout grisant dans cette situation demeure cette capacité à faire monter le plaisir, en continu et pervers alors que nous vivons en parallèle une situation absolument anodine. L’épisode touche à sa fin. Ne pas s’attarder car la soirée est encore longue et l’envie nous presse. Il faut que j’aille aux toilettes, l’excitation sans doute, avant la suite. C’est un besoin naturel mais je suis loin de m’imaginer qu’il va profiter de l’occasion pour asseoir son emprise et augmenter la perversité ambiante d’un cran. Je requiers son indulgence et lui décide de m’accompagner. Tremblante, je suis donc assise sur la cuvette froide des toilettes en train de pisser. L’odeur se propage dans l’étroite pièce tandis qu’il maintient et joue avec la chaîne reliée à mes lèvres. Dégradant. Je sens son regard perçant et son souffle s’accélérer. Cette condition l’excite et tous mes sens sont sollicités. Sa queue, raide en haut de laquelle perle une goutte de liquide séminal, ne tarde pas à sortir de son pantalon. Puis il se redresse, et en m’appuyant sur la tête, m’oblige à le sucer, doucement puis de plus en plus profondément. Ma bouche gourmande accueille tout son membre, j’ai le visage plaqué sur son pantalon. J’étouffe, je grogne, mon corps réagit. Trop de sensations m’envahissent. J’assume mon rôle de soumise avec entrain, je suis complètement entrée dans le jeu. La bave, par longs filets, s’écoule sur le carrelage froid. Ses mains se crispent sur ma tête puis il m’ordonne de me retourner et me baise brutalement. Tout se mélange dans mon esprit, la perversité de la position, l’odeur enivrante de l’urine et le contact glacial de la faïence. Brusquement, il s’arrête, me traîne, désorientée, par le collier jusqu’à notre chambre. L’escalier tourne, c’est une torture, je dois suivre le rythme… Finalement mon Maître fixe fermement la laisse à ma chaîne reliée à mon intimité et accroche le tout à un crochet planté sur la poutre de notre chambre. Il part. Je l’attends, fébrile, inquiète, de nombreux fantasmes parcourent mon esprit, je ne sais pas ce qu’il veut. Mon excitation grimpe encore, j’ai le cerveau en ébullition, les émotions emplissent mon esprit. De retour, mon maître m’enjoint de me retourner et de faire face à la poutre en bois verticale qui trône sur un côté de notre chambre. Il m’indique qu’il a fermé la porte à clef. Seule avec lui, je l’entends son matériel mais je n’ai aucun détail. Cette incertitude me trouble mais j’obéis. Il me positionne un masque sur les yeux. Instinctivement, je lui donne tout mon corps, instinctivement le processus de lâcher prise a passé une nouvelle étape. Les cordes m’entourent, je sens mon abdomen se plaquer sur poteau et mes seins débordés de chaque côté. Indécente. La tension des cordes augmente, elles se resserrent et ma cage thoracique se retrouve compressée. D’autres cordes au niveau de mon bassin puis mes mains sont immobilisées par des gants en cuir adaptés et accrochés à la poutre. Mon esprit s’évade et tente d’avoir une vision globale de ma position, immobilisée et totalement offerte. Ma chatte se met à gonfler d’excitation. La mise en place n’est pas terminée, il m’ajuste un bâillon dans la bouche et délice suprême, installe des pinces sur mes tétons bouffis reliés entre eux, avec la poutre qui les sépare. Chaque mouvement, même infime, me rappelle cette dépendance. Les mots crus tombent. La cyprine aussi. Je dois cambrer les reins à sa demande pour que sa verge me pénètre d’abord dans le vagin puis dans le cul. Mon rôle consiste à faire baisser sa tension sexuelle, à assouvir ses demandes bestiales. Il ne prend pas de précaution, force l’entrée car je suis une salope. Je le sais et je veux le lui prouver. J’essaie de crier mon plaisir mais le bâillon m’en empêche. Par contre, la salive se met à couler sur mes seins. Mon maître le remarque et prend plaisir à me badigeonner avec. Je suis proche de l’orgasme, il le sait, il le sent, il me connaît aussi, pour me calmer et contrôler cette jouissance, il sort son martinet et me cingle les fesses. En même temps, il suspend des poids à la chaîne qui joint mes lèvres. Cette action ne fait qu’augmenter mon excitation. Je ne parviens pas à maîtriser ce plaisir montant. Les coups de martinets pleuvent, plus drus, sur mes reins et sur mes seins tendus, je ne jouirai que lorsqu’il l’aura décidé. C’est ainsi, je n’ai pas le choix, à part obéir, sinon la punition s’avérerait terrible. C’est la règle qu’il a instaurée. Mon maître décide enfin à me libérer c’est à dire à me laisser jouir, c’est une chance car les séances peuvent me laisser pantelante, frustrée, désemparée sans avoir atteint l’orgasme. Il me retourne, je suis dos à la poutre maintenant, accroupie, les bras en croix, de nouveau attachée, le corps avili. Le sexe et le cul béants, il passe sa main sans retenue. Je ne résiste pas à cette position. Il plante trois doigts dans mon ventre et je me déverse sur le sol. Je sens que je gicle partout. Je hurle. Des ondes de plaisir me dévastent. Tout est parti, toutes mes tensions, mon stress se sont évacués et je pendouille lamentablement, les bras immobilisés. Rapidement, il m’indique que ce n’est pas terminé. Je vais devoir servir d’objet maintenant. Même si la vague d’excitation est passée, celle-ci se reforme hâtivement. Il me traîne jusqu’au lit et sur le dos, m’enfile une cagoule en simili cuir à la tête de chien. Je dois relever les pattes. Je suis pilonnée par la chatte et labourée par le cul. Longtemps. Je sens encore l’orgasme surgir pendant qu’il m’injurie. Je deviens son vide-couilles. Je ne contrôle plus mon corps et mon esprit. Enfin, il se décharge dans mon cul offert, en râlant son plaisir. Il attrape un plug et me bouche l’orifice pour que son foutre reste en moi. L’excitation n’est pas retombée et j’ai l’autorisation de me soulager. Mes doigts caressent mon clitoris. Je jouis, impudique devant mon Maître. Encore.

Mon esprit divague, mon corps est repu, je vais m’endormir, mon trou plein, le collier de soumise autour du cou. Je profite des douces caresses, mon visage s’illumine et je devine son sourire heureux.

4 thoughts on “Un samedi soir…BDSM

  1. Icube says:

    Quel talent! Toujours aussi drôle décalé et excitant de voir comment une soirée banale d’un Couple « normal » peu finalement bien se terminer haha… vous êtes une vrai source d’inspiration. J’ai hâte de lire les prochains articles.

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    1. madame_oclide says:

      Merci à toi ma première lectrice et pour tes encouragements. Ne pas se fier aux apparences du couple normal :-).
      Encore pleins d’articles à venir.

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